L’Ordre et la Morale – sortie cinéma

15 novembre 2011

Une chronique de  Murielle Levy

L’Ordre et la Morale ( 2011)

Date de sortie : 16 novembre 2011
Durée : 2h16

Réalisé par Mathieu Kassovitz

Scénario de Mathieu Kassovitz – Pierre Geller – Benoît Jaubert avec la participation de Serge Frydman

Avec Mathieu Kassovitz, Iabe Lapacas, Malik Zidi …

 

Mathieu Kassovitz revient à la réalisation avec un film français. Pas seulement à la réalisation d’ailleurs,  il est aussi devant la caméra.

En effet, il interprète le rôle titre de son film L’Ordre et la Morale, celui du capitaine du GIGN, Philippe  Legorjus.

L’histoire se focalise sur les événements de Nouvelle-Calédonie en 1988. Des Kanaks ont pris en otage des gendarmes et le tout s’est terminé en bain de sang faisant une vingtaine de morts.

Mathieu Kassovitz replace ces événements dans leur contexte politique c’est-à-dire entre les deux tours des élections présidentielles de 1988 qui opposaient Jacques Chirac à François Mitterrand. Et cela en pleine cohabitation, Chirac étant Premier ministre et Mitterrand  Président de la République à la fin de son premier mandat.

Autant vous dire que j’aime le cinéma de Mathieu Kassovitz, enfin j’aimais son cinéma. Celui de Métisse (1993)  dans lequel j’ai fait de la figuration quand j’avais 18 ans et pour lequel j’ai donc une tendresse particulière, mais aussi de La Haine (1995), de Assassins(s) (1997), de Fierrot le Pou (1990) (son 1er court métrage), des Rivières Pourpres (2000).

J’ai délaissé son cinéma au moment ou il s’est « américanisé » (Gothika, Babylone A.D.), peut-être à tort je n’en sais rien, je n’ai pas vu ces films. Mais je n’en ai pas eu envie.

Avec L’Ordre et la Morale, je retrouve un cinéaste qui a des convictions (le choix du sujet), des idées, de la créativité (chaque plan est pensé, mis en scène…). Le film est très cinématographique, notamment le plan d’ouverture et le plan séquence d’attaque de la gendarmerie…

La réalisation est maitrisée, moderne, énergique, rythmée. J’aime ce cinéma.

Mathieu Kassovitz, Julie Mauduech, Hubert Koundé dans Métisse (1993) de Mathieu Kassovitz

Welcome back Mister Kassovitz !

Et puis, moi qui  ne comprenais pas grand chose aux événements de 1988 en Nouvelle-Calédonie, ce film m’a expliqué une partie des faits et des stratégies politiques de l’époque.

Même si le propos est parfois manichéen, il a le mérite d’allumer la lumière sur un épisode particulièrement traumatisant pour une partie de la population française.

Courez voir ce film qui déchaine des polémiques, vous vous ferez vous même votre opinion.

 

Et pour le plaisir voici un lien pour écouter une chanson du groupe Zap Mama extrait du film Métisse (1993) : Take me Coco

 

 

 

La Couleur des sentiments – sortie cinéma

25 octobre 2011

Une chronique de Murielle Levy

La Couleur des Sentiments ( 2011)

Date de sortie : 26 octobre 2011
Durée : 2h26

Titre original : The Help

Réalisé par Tate Taylor

Scénario de Elizabeth Meriwether

D’après le roman de Kathryn Stockett

Avec Emma Stone, Viola Davis, Octavia Spencer …

La Couleur des sentiments est un très joli film, très émouvant.

Bien entendu, j’ai pleuré à la fin…

Dans les années 60, aux Etats-Unis (Mississipi), le film raconte le quotidien des bonnes noires au service des familles blanches. Et leur lot de vexation, de racisme et d’avilissement.

Le film est une réussite. Les personnages de ces bonnes sont sensibles, pudiques, émouvants mais aussi drôles, chaleureux et solidaires.

Ce film a vraiment fait écho à ma propre expérience. Lorsque j’avais 20 ans, j’ai été  femme de chambre dans un grand hôtel parisien. Je n’ai jamais connu un travail plus éprouvant physiquement.

Je me souviens, je rentrais chez moi épuisée, en sueur, et pourtant ce n’était qu’un job pour payer mes études. Il n’y avait aucun enjeu autre que financier pour moi

Grâce à cette expérience,  j’ai pu découvrir une solidarité incroyable entre ces femmes de chambre. Mes collègues. Elles m’ont guidée, formée, aidée, soutenue, encouragée.

J’ai adoré nos discussions dans le vestiaire, les couloirs. Que de fous rires j’ai partagés avec elles ! Une solidarité s’est mise en marche pour aider la p’tite nouvelle que j’étais.

Dans La couleur des sentiments, j’ai retrouvé ce sentiment très justement exprimé et filmé. Le film montre à la fois la réalité du travail de ces femmes mais aussi leurs vies en dehors, leur entraide, leur rapport entres-elles, leur rapport avec les blancs.

Pendant 2h26 vous voyagerez dans le Mississipi des années 60 et vous pourrez mesurer combien les temps ont évolué, fort heureusement.

Allez voir ce film, émotion et dépaysement assurés !

Une vie avec Oradour – sortie cinéma

29 septembre 2011

Une chronique de Murielle Levy

Une vie avec Oradour ( 2011)

Date de sortie : 21 septembre 2011

Durée : 1h24

Réalisé par Patrick Séraudie

Avec les témoignages de Robert Hébras et Jean-Marcel Darthout …

 

Ce documentaire est composé essentiellement des témoignages de Robert Hébras et Jean-Marcel Darthout, qui sont les 2 derniers survivants du massacre d’Oradour-sur-Glane.

Ce massacre a eu lieu le 10 juin 1944.

C’est la première fois que le massacre est raconté par le menu, heure par heure… D’ailleurs, il est intéressant de noter que  Robert Hébras  ne parle jamais de massacre, de crime … mais de « drame ». Il ne souhaite pas utiliser d’autre mot.

Le film commence par nous montrer que ce village a été choisi sans vraie raison apparente (pas d’arme, pas de résistant…). Mais en fait, l’historien et co-scénariste du film, Pascal Plas apporte un éclairage passionnant sur le choix de ce village « sans histoire ». C’est justement parce que ce village ne possédait ni arme, ni aucune forme de résistance qu’il était propice à un tel massacre, une telle destruction violente et sanguinaire. Le commando SS qui a détruit le village savait qu’il pourrait opérer rapidement, condition nécessaire à la réalisation de leur mission.

La description de cette journée par les 2 témoins s’appuie sur une reconstitution en 3D des endroits où ont eu lieu les fusillades et où quelques hommes ont pu se cacher (notamment les granges). Hélas cette partie ne m’a pas paru très clair, j’ai mis longtemps à comprendre qu’il s’agissait d’une image 3D, peut-être fallait -il mettre une indication…

Par ailleurs, autant l’identité de Robert Hébras est claire dès le début ; autant celle de Jean-Marcel Darthout met du temps à s’installer. Qui est ce deuxième témoin ? Beaucoup de noms sont cités avant que l’ont puisse saisir qu’il s’agit de Monsieur Darthout.

La qualité première de ce documentaire est une sobriété, une pudeur. La réalisation ne tombe jamais dans le pathos, l’image est épurée.

Patrick Séraudie livre un portrait sensible et honnête de Robert Hébras et se sert de ce passeur énergique pour nous raconter une histoire mal connue. Pour ce faire, il a recours à des archives des procès de Bordeaux et de Berlin auxquels Robert Hébras et Jean-Marcel Darthout ont participé.

Il évoque aussi l’épisode des Malgré-nous, ces soldats alsaciens qui ont participé au massacre, ont été condamné puis finalement amnistié. Et dont les dossiers sont encore aujourd’hui classé secret à cause de cette amnistie.

Vous découvrirez aussi la solidarité entre Robert Hébras et la Famille Pinède.

Ce film est intéressant, instructif et participe à notre devoir collectif de mémoire.

Le film sort à Paris sur 2 écrans : Le Lincoln et le Reflet Medicis grâce au courage et à l’énergie débordante de son distributeur Patrick Sibourd – Nour Films.

Vous pouvez aussi suivre le calendrier des diffusions en province sur le site du film.

Alors, soutenez-le film en allant dès aujourd’hui le voir en salle et parlez-en autour de vous.

Visiter le site du Centre de la Mémoire d’Oradour

Les affrontements politiques au cinéma

10 août 2011

Une chronique d’Alain Penso

La princesse de Montpensier (2010) de Bertrand Tavernier

Les affrontements politiques au cinéma

Le thème de la lutte politique occupe une place prépondérante au cinéma. Les scénaristes sont influencés par les événements graves qui se produisent dans les pays réclamant leur indépendance écon

omique et sociale.

Antagonismes politiques de l’histoire

Les Etats-Unis sont intervenus dans le destin de nombreux pays d’Amérique du Sud dont le Chili. Patricio Guzmán, après le magnifique documentaire Salvador Allende (2004), est l’auteur de la très belle réflexion sur l’avenir de l’homme confronté à l’univers, La nostalgie de la lumière (2010). Il reste de nombreux films à faire traitant des affrontements politiques. Les Anglais restent les maîtres en ce domaine devançant les machines américaines comme Invictus de Clint Eastwood (2010) véritable hommage à Nelson Mandela, Family Life et Look and Smiles (1971) et (1981) de Ken Loach. L’environnement social prend souvent le pas sur tout changement si aucune volonté politique n’intervient. Les producteurs français sont très frileux, veillant de trop près sur leurs productions. Contrairement aux Américains, le cinéma français ne veut prendre aucun risque et ne donne ainsi aucune chance à l’innovation. Seul Bertrand Tavernier, cinéaste et historien du cinéma, auteur de l’ouvrage Cinquante ans de cinéma américain, donne une brillante réflexion sur le pouvoir avec son film La princesse Montpensier (2010).

Good bye Lenin ! (2003) de Wolfgang Becker

Le monde a changé depuis la destruction du mur de Berlin le 9 novembre 1989. La nostalgie s’est installée en Allemagne et les regrets des pro-communistes persistent dans Good Bye Lenin ! de Wolfgang Becker (2003). Ce film renvoie à l’origine de la construction de ce mur illustrée dans un film presque mythique Le Troisième homme de Carol Reed où s’affrontent deux blocs, l’empire soviétique et les alliés autour de l’Amérique. Holly Martins, écrivain auteur de romans de western, est invité à faire une conférence sur ses livres dans un cercle littéraire. Il est sollicité par l’armée anglaise pour retrouver son ami Harry Lime, trafiquant de pénicilline et responsable de la mort de plusieurs malades. Dans une atmosphère de délabrement, les camps politiques s’affrontent et se montrent sous leur vraie nature. L’argent et la bourse, deux instruments politiques indépassables La mondialisation à outrance et les injustices ne sont pas présentes que dans les pays au régime totalitaire. Dans les pays communistes, l’État prend en charge les besoins des citoyens, échange des restrictions de libertés. Les régimes policiers ne lésinent pas avec la répression. La Libye de Khadafi et le Chili de Pinochet n’ont jamais eu d’état d’âme pour assassiner les opposants à leur régime, pas plus que la Chine aujourd’hui, emblème de l’injustice sociale et juridique.

Les besoins sociaux et économiques restent les mêmes et pourtant depuis Le Sucre de Jacques Rouffio (1978) avec Gérard Depardieu, Claude Piéplu, Jean Carmet, la moralisation de l’argent ne s’est pas faite. Un inspecteur des impôts, tentant d’améliorer sa retraite, place son argent dans des actions sur le sucre. Méconnaissant toutes les ficelles de la bourse, il se fait escroquer. Le refus des autorités de tutelle de réformer et de contrôler la bourse est clairement explicité dans Ma part du gâteau de Cédric Klapisch (2011). Un agent de change fait des millions de bénéfice en misant sur l’anéantissement d’une entreprise déjà en difficulté, ignorant les salariés jetés à la rue. Il s’agit de cinéma mais ces idées sont transportées par un cerveau de scénariste qui s’est imbibé des idées du temps. Le cinéma social et politique est passionnant. Il fait appel à l’histoire sans négliger les détails de la vie qui surgissent dans les comédies. Il permet une vision pointue de notre environnement, comme dans Un fauteuil pour deux de John Landis (1983).

Les contradictions de l’immigration

L’immigration est un des sujets que le cinéma traite régulièrement. Dans Eden à l’Ouest (2010), Costa-Gavras décrit le périple d’un jeune émigré clandestin, Riccardo Scarmacio, qui, au départ de la Grèce, traverse la Méditerranée et rêve d’une nouvelle vie.

En 1955, Elia Kazan tourne À l’Est d’Eden avec James Dean. Il est en révolte contre son père qui tente de lui inculquer des principes moraux de façon autoritaire. Costa-Gavras, grand admirateur d’Elia Kazan, inverse le titre et lui donne une autre direction, un autre sens avec Eden à l’ouest (2010). Il témoigne ainsi avec sa nouvelle œuvre de l’absence définitive de tous principes philosophiques de la vie. Les concepts élémentaires se sont écroulés à cause de l’égoïsme et de la toute puissance de l’argent inhérente aux régimes totalitaires.

Dans America America (1963), Elia Kazan, Grec d’origine, avait mis en scène le départ désiré et rêvé d’un Arménien soumis à la domination autoritaire des Turcs. Il avait décidé de quitter son pays pour aller vers un pays de liberté, pensait-il. Sa langue, sa vie, son approche doivent être changés pour survivre dans un pays qui n’a rien à voir avec le sien, l’Amérique.

America, America (1963) d'Elia Kazan

La même année, Otto Preminger tourne Exodus (1963) d’après le roman de Leon Uris, avec Paul Newman et Eva Marie Saint. L’histoire débute à Chypre dans un camp de juifs en partance pour la Palestine. Une partie d’entre eux sont rescapés des camps de la mort. Dans la réalité, aucune autorisation n’a été délivrée pour se rendre en Palestine, alors sous mandat britannique. Le 11 juillet 1947, le bateau battant pavillon panaméen President Warfield quitte Sète pour la Colombie avec à son bord 4.500 passagers munis de passeports en règle. Au matin du 18 juillet 1947, un croiseur et cinq lance-torpilles barrent le chemin au bateau qui a changé de nom au cours du voyage et s’appelle désormais Exodus. Il est renvoyé en France à son point de départ. 75 de ses passagers malades accepteront l’offre d’accueil qui leur est faite de descendre à Sète et d’y demeurer en toute liberté. Les autres passagers seront envoyés dans des camps près de Hambourg, mais presque tous rejoindront Israël après la proclamation de son indépendance en 1948.

En 1961, alors que l’on reconstruit des quartiers du West Side à New York, Robert Wise envisage de monter une comédie musicale sur une chorégraphie de Jerome Robbins et sur une musique de Leonard Bernstein. West Side Story est un film sur la rivalité de deux bandes de jeunes, les Jets – Américains d’origine polonaise – et les Sharks – immigrés d’origine portoricaine – dans un quartier sauvé provisoirement pour le film de la démolition. Le film analyse de façon exemplaire les antagonismes entre deux communautés d’origine différente confrontées à une cohabitation quotidienne.

Dans Si tu meurs, je te tue de Hiner Saleem (2010), deux jeunes se rencontrent : l’un, Philippe, sort de prison et l’autre, Avdal, Kurde, s’apprête à recevoir sa fiancée, Siba. Une tragédie emporte Avdal. Les mœurs de Philippe ne sont pas conformes à celles des Kurdes qui se réunissent pour des discussions interminables pour ne pas laisser les codes parisiens envahir le mode de vie traditionnel kurde. Les institutions politiques Dans Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon d’Elio Petri (1970) avec Gian Maria Volonte, le cinéaste met en scène un commissaire de police paranoïaque qui abuse de sa situation et de son pouvoir pour assassiner sa maîtresse. L’homme occupant un poste important, quelles que soient les preuves contre lui, l’institution policière ferme les yeux. Dans la pure tradition du cinéma politique italien, le film étaye ses thèses avec des images de personnages importants. Dans Il Divo de Paolo Sorrentino (2008), le réalisateur dépeint l’activité politique de Giulio Andreotti, un personnage très influent, démocrate chrétien ayant servi les intérêts de la mafia. Il a été découvert en 1992, grâce aux investigations de Mani Pulite, l’opération judiciaire « Mains propres ».

Une œuvre qui s’inspire du cinéma traditionnel comme celui de Francesco Rosi dont la vision analytique permettra de tourner Main basse sur la ville (1963). À l’occasion de la construction d’un gigantesque programme immobilier, Rosi met en lumière les pratiques d’un gouvernement corrompu qui détourne des sommes phénoménales grâce à des lois compliquées. Un jour ou l’autre tout s’écroule, les immeubles, le système politique… Comme dans La Forêt d’émeraude de John Boorman (1985), faudra-t-il l’intervention du surnaturel pour faire cesser les trafics ?

F.I.S.T. (1978) de Norman Jewison

La lutte syndicale Elia Kazan, dès ses premiers films, a pris conscience du merveilleux instrument de communication que peut être le cinéma. Il l’a utilisé de façon magistrale traitant de l’immigration, du syndicalisme et de la psychologie du couple dans un contexte social. Dans Sur les quais (1954) d’Elia Kazan, les dockers de New York affiliés à la puissance syndicale AFL-CIO sont contrôlés par un gang mafieux. Terry Malloy, ancien boxeur est manipulé par son frère, avocat du syndicat des dockers. Eddie Malloy est témoin du crime d’un opposant qui menaçait de les dénoncer pour leurs activités illégales. La sœur de l’homme assassiné demande l’aide d’Eddy. C’est un véritable cas de conscience. Elia Kazan multiplie les possibilités d’analyse d’une situation intenable où seule la lutte ouvrière et fraternelle permettra une solution plus juste pour l’avenir. Dans F.I.S.T. de Norman Jewison (1978), Sylvester Stallone est nommé président du puissant syndicat des camionneurs. Il est forcé de rendre service à la mafia qui l’avait aidé pour la poursuite de son syndicat menacé par le patronat doté de milice à la limite de la légalité. Jewison utilise là le spectacle pour montrer que parfois, pour de bonnes causes, il faut supporter des situations contre nature. Réalisé avec soin, F.I.S.T. nous ramène à Cleverland en 1937 dans une atmosphère ouvrière où le patronat industriel détient tous les pouvoirs sur les citoyens. Jewinson le montre remarquablement.

Avec We Want Sex Equality de Nigel Cool (2010), le cinéma britannique montre sa finesse dans l’élaboration de ses films et de son traitement. Il n’y a rien d’étonnant à cela, les Britanniques ont dans leur fond de dramaturges, des écrivains indépassables qui ont installé durablement la tragédie dont les documentaristes et cinéastes se sont inspirés encore jusqu’à aujourd’hui. En 1968, des couturières anglaises de l’usine Ford à Dagenham se révoltent contre la différence de traitement entre les hommes et les femmes. Le film conte l’histoire vraie de 183 ouvrières dans l’usine Ford décidées, coûte que coûte, d’obtenir satisfaction. Nigel Cool s’est approché de la région de Dagenham et a réalisé une approche psychologique fine sur ces militantes syndicales dont le but était la réussite de leur revendication.

Precious Life (2010) de Shlomi Eldar

Le pouvoir des politiques

Precious Life de Shlomi Eldar (2010) est un documentaire non préparé à l’avance. Il est le résultat d’un appel du docteur Raz Somech de Tel Aviv à l’adresse du journaliste israélien Shlomi Eldar lui demandant de faire un reportage sur le cas d’un bébé palestinien né sans système immunitaire. Le passage du film à la télévision israélienne suffit pour trouver les sommes nécessaires, pour effectuer une greffe et permettre ainsi à l’enfant de survivre. Le reportage ne se terminera pas là puisque le journaliste ajoutera les propos de la mère du petit Mohamed, Raïda. Le réalisateur affirme que ce documentaire a été capté sur le vif. Le film est passé encore une fois à la télévision terminé et a déclenché un mouvement d’émotion dont les responsable du canal national se souviennent encore. Les films sur les affrontements politiques sont nombreux et occupent toujours plus de place dans la filmographie mondiale. Il est incontestable qu’ils permettent de mieux saisir la politique et ses enjeux de l’intérieur entraînant une vision fine de notre univers social.

Argent et sentiments au cinéma, la confrontation

3 août 2011

Une chronique d’Alain Penso

Un film n’est pas assuré du succès si le sentiment, l’amour n’y sont pas présents. Sinon, « à quoi bon », disent les auteurs… Il faut y ajouter richesse, argent, atours, actions – tout ce qui représente la réussite sociale, sous peine de déplaire. La pauvreté peut mener au succès si l’histoire se déroule comme un conte de fées, faisant intervenir une âme magique qui fera du miséreux un héros riche d’un coup de baguette magique.

La contradiction et le sentiment

Le sentiment et l’argent sont deux éléments de la vie qui s’affrontent et se répondent. De nombreux scénarios s’élaborent avec une prise dans la réalité, si proche, qu’il ne paraît plus utile d’entrer de front dans la fiction pour faire tourner un film. L’argent appelle l’argent, il est respecté plus que les hommes qui se livrent, en dehors du marché, à toutes sortes de combinaisons sociales afin de pouvoir sortir la tête de l’eau. La bourse est aussi dotée de sentiment, sa logique ne s’embarrasse pas de morale ou de scrupules : gagner plus et plus vite par le jeu et le souci du gain, sans volonté d’améliorer l’humanité.

La revanche de la justice sociale sur l’argent

Un fauteuil pour deux (1983) de John Landis

Dans Un Fauteuil pour deux de John Landis (1983), la réussite survient en faisant communiquer deux classes sociales radicalement différentes qui cherchent à faire payer le système politique pour s’être moqué d’eux et avoir été aussi présomptueux. Dans Wall Street : l’argent ne dort jamais (Wall Street : Money Never Sleeps, 2010), les traders sont fascinés non par l’argent, mais par les anciens rois du marché, ceux qui ont fait exploser les valeurs. Ils veulent être comme les leaders précédents, recevoir l’onction. L’un deux cherche son père en Michael Douglas, qui a su placer de l’argent dans un paradis fiscal en attendant sa sortie de prison. C’est une suite triomphante au premier Wall Street (1987), film tragique et terne que réalise le cinéaste Oliver Stone. Dans Krach (2009) de Fabrice Genestal, c’est avec subtilité que le cinéaste dessine le portrait réaliste d’un homme dont le but est de devenir un maître des marchés financiers, en utilisant des formules scientifiques transposables aux finances. L’égoïsme associé à la prétention peut mener le monde à la catastrophe…

Le vol pour assouvir sa domination

Le sucre de Jacques Rouffio (1978) aborde le monde financier autrement, à partir de matières premières toujours cotées en bourse. Sur la base d’une bulle spéculative, de nombreux petits actionnaires vont se retrouver ruinés avec la complicité des institutions. Les banques vont applaudir car elles sortiront indemnes de ce mauvais pas qu’elles ont elles-mêmes fomenté. Michel Piccoli interprétera un caricatural, quoique réaliste, financier en quête de gros coups, qui pourtant donnera une leçon de morale à ces hommes d’affaires soucieux de faire encore mieux que ce qui leur était proposé, au risque de faire sauter toute la bourse. Roger Hanin, en homme d’affaires exubérant, et Claude Piéplu en président de banque, écœuré par le manque de professionnalisme de ses assistants, complètent le tableau.

La solidarité défie les spéculateurs officiels

Entre nos mains (2010) de Mariana Otero

Dans le film français classé comme documentaire, on se rapproche sans aucun doute du film de fiction bien que les employés jouent leur rôle : Entre nos mains de Mariana Otero (2010) traite de la reprise, par ses employés, d’une entreprise de lingerie féminine qui tombe en faillite. Les idéaux se heurtent aux réalités économiques mais cette expérience collective permet aux individus investis dans ce projet de se lancer dans une aventure où s’ouvriront de nouvelles perspectives de vie, jamais imaginées avant cette expérience profonde et fraternelle.

 

Woody Allen avait réalisé un petit bijou avec le film Prends l’oseille et tire-toi (Take the Money and Run) (1969). La perspective de vies meilleures engendre parfois des troubles profonds où les dommages collatéraux  sont souvent la solitude et l’ennui… Quelle perspective peut engendrer la rupture de deux êtres qui ont vécu quarante années de mariage. L’attachement, l’amour, la présence des enfants peuvent être un chantier qu’il est difficile de remettre systématiquement en cause sans blesser grièvement l’un ou l’autre. Woody Allen est catégorique. Chaque rencontre peut être un risque qu’un adulte doit assumer.

Par rapport à l’argent, le sentiment fluctue lorsque les êtres ne se sont pas construit une conscience. Développer son esprit uniquement dans la monnaie, sans aucun autre choix, peut devenir un handicap. Pour Woody Allen, mon metteur en scène favori qui me berce, depuis ses premiers films, de ses plaintes, de ses rires, de sa poésie, de ses problèmes psychanalytiques, de ses interrogations sur la métaphysique et sur ses errements géographiques : Dieu que le cinéma est beau !

La France ne mise pas sur la maturité de ses jeunes

À Paris, Larry Clark est censuré par la mairie de Paris devant la montée de protestations des associations appartenant à des mouvements prudes. Personne n’est obligé d’aller voir une telle exposition alors qu’à Paris, 150 autres se proposent d’occuper les jeunes visiteurs non suffisamment nantis de maturité aux dires de leurs parents. À côté de cela, personne ne dit rien sur la formation à la délation qui existe maintenant dans toutes les salles de cinéma où l’on invite le spectateur à signaler tous les comportements suspects à la direction de la salle. Un comble dont il conviendrait d’arrêter la prolongation au risque de voir se développer un esprit loin de la générosité prônée, elle, par notre ami Woody Allen.

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (2010) de Woody Allen

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (You Will Meet a Tall Dark Stranger) (2010) est le quarante-sixième film de Woody Allen. On y retrouve Naomi Watts, Antonio Banderas, Josh Brolin, Anthony Hopkins, etc. Tous les personnages connaissent une fragilité de tous les instants, ils fonctionnent par couple. L’un veut changer, l’autre veut par la force des choses rester stable car la fidélité a du bon : il nourrit le couple d’une sécurité où le parfum de l’amour règne. Ce n’est pas un devoir mais un bonheur, c’est ce que nous enseigne le film.

 

Les gâteries psychologiques ne sont là que pour révéler des situations impossibles à vivre. Parfois, l’euphorie mène à la catastrophe prévisible, comme cet écrivain qui mise sur la mort prochaine de son ami et qui se trompe. Woody Allen réfléchit profondément à l’excès de désir de changement pour certains sans bien réfléchir à ce qui peut se produire à force de spéculation mortifère et conduire à la comparaison avec une crise boursière où tout le monde est responsable sauf soi-même. Il ne faut pas mettre l’amour des autres en danger, car sur ce produit, l’offre est rare, sachons conserver ceux qui nous aiment. C’est un peu moraliste, mais souvenons-nous de notre Éric Rohmer qui faisait de ses films, ces sortes de fables dont Woody Allen est passé maître.

Cars 2 – sortie cinéma

29 juillet 2011

Une chronique de Murielle Levy

Cars 2 ( 2011)

Date de sortie : 27 juillet 2011

Durée : 1h52

Réalisé par John Lasseter et Brad Lewis

Avec les voix françaises de Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Mélanie Doutey, Lambert Wilson…

 

Cars 2 est enfin sorti au cinéma, le film est visible en 3D.

J’ai assisté il y a quelques semaines à la projection du film en compagnie de mon fils de 5 ans, Angelo.

Le film était projeté en 3D. Ca se présentait mal, Angelo avait eu une mauvaise expérience avec la 3D, trop réaliste donc il avait eu peur. Et quant à moi, je n’avais aucune expérience de la 3D.

Alors mes impressions : les lunettes sont trop lourdes pour le nez d’un enfant de 5 ans, résultats dernière demie-heure sans, il n’en pouvait plus.

La 3D c’est pas mal mais bon c’est pas non plus le clou du spectacle. Ca marche plutôt bien avec les éléments naturels type neige, mer, arbres. Sinon pour les personnages c’est plutôt gadget.

La salle de  projection affichait complet.

Quelle ne fût pas ma surprise de découvrir 3 rangs devant moi, un animateur (pas célèbre du tout) de télé, accompagné de son jeune fils. Le type un peu glauque n’a pas arrêté d’alpaguer ses « collègues ».

« Hé machin, regarde c’est mon fils !! T’as vu il est beau mon fils hein ? » « Sacha, regarde ce type est un grand journaliste, dis bonjour au monsieur, tu es mon fils non ? »

Bref, la scène commençait à durer et le malaise du grand journaliste et du petit Sacha augmentait…

Heureusement la lumière s’est éteinte et le spectacle a commencé.

 

Et là quel spectacle ! Je n’avais pas vu le premier volet de Cars donc je ne savais pas du tout à quoi m’attendre.

Le film est rythmé, intelligent, drôle, et quelle précision.

Un véritable film d’espionnage avec en plus de grands voyages dans le monde.  Flash McQueen et son ami Martin nous emmènent au Japon, en Italie, à Paris, à Londres…

Et Martin toujours un peu maladroit découvre à ses dépends les coutumes locales. Le film pourrait basculer dans le cliché mais au contraire, l’histoire est bien écrite et réalisée avec subtilité.

Moi qui adore les voitures et les films d’espionnage, j’ai été gâtée …

Je vous l’annonce officiellement, je suis FAN.

Ne manquez pas les courses poursuites, la voiture transformable de l’espion Finn McMissile digne de James Bond…

Et si je devais vous donner encore une bonne raison d’aller voir le film : un court-métrage Pixar est présenté avant.

Et les courts-métrages de Pixar sont presque meilleurs que les longs. Vous souvenez-vous du court-métrage Knick Knack avant Le Monde de Némo ?

Cette fois, il s’agit de Vacances à Hawaï. Ken décide d’emmener Barbie en vacances à Hawaï, mais un contre temps ruine ses plans. Heureusement, ses amis Buzz, Woody et les autres jouets de Toy Story vont l’aider.

Petits ou grands vous passerez un bon moment avec Cars 2.

Visiter le site de Cars 2